DÉCLARATION
Une large coalition demande une stratégie nationale pour les cœurs de collectivités
Un nouveau sondage Léger révèle que 86 % des Québécois.es demandent l’action gouvernementale pour les cœurs de villes et villages – une hausse de presque 20 points en 6 ans
À l’approche des élections québécoises de 2026, une large coalition d’acteurs nationaux et locaux de partout au Québec demande au prochain gouvernement de s’engager à élaborer une Stratégie Cœurs de collectivités appuyée par un plan d’action concret. Un tout nouveau sondage Léger dévoilé aujourd’hui confirme qu’il s’agit également d’une demande massivement appuyée par la population québécoise : 86 % des Québécois.es appuient un soutien gouvernemental aux centres-villes, cœurs de quartier et noyaux villageois. Un pourcentage qui a augmenté de presque 20 % ces 6 dernières années.
« Il est essentiel et possible de préserver, partout sur le territoire, les cœurs de villes et de villages, qui nous distinguent comme communautés et soutiennent notre vitalité. Nous appelons le prochain gouvernement à se porter garant de leur avenir durable, en allant au-delà des mesures ponctuelles et des investissements sporadiques. Il faut adopter une stratégie nationale pour les cœurs de villes et villages, pour les petites, moyennes, et grandes municipalités. » ont déclaré les 35 signataires, élu.es municipaux.ales et représentant.es d'organismes de développement économique local, d'économie sociale, de patrimoine bâti et de vitalité des centres-villes, provenant de partout au Québec.
Les chiffres dressent un portrait préoccupant pour les cœurs de collectivités partout au Québec. Presque une municipalité sur deux (45 %) estiment que leur cœur s’est fragilisé ces 10 dernières années (UMQ-Aviseo Conseil, 2026). Pour les signataires, la vitalité des cœurs de villes et villages est déterminante pour la santé de nos collectivités, qu’il s’agisse de grandes ou de petites villes. L’étude démontre également que les zones périphériques « se développent à un rythme plus élevé et [que] les commerces de proximité poursuivent leur déclin dans les secteurs centraux. De manière générale, le poids des centres-villes diminue au niveau de l’habitation, du commerce, des bureaux et des services publics ».
Forts de la diversité de leurs appuis et des résultats sans équivoque du sondage, les signataires demandent une Stratégie Cœurs de collectivités appuyée par un plan concret en 10 actions. Ces actions s’articulent autour de trois grands chantiers : redonner aux municipalités les moyens d’agir, ramener les commerces et services, les logements et les emplois dans les cœurs de collectivités, et adapter les outils fiscaux et commerciaux à la nouvelle réalité économique.
Les signataires demandent :
1. Apporter un soutien technique et financier aux municipalités et organismes de développement du territoire pour revitaliser et dynamiser leurs cœurs de villes et villages et améliorer les déplacements effectués en modes durables.
2. Offrir un appui financier à l’embauche et au maintien de ressources responsables de porter les projets de dynamisation des cœurs de villes et de villages, en soutenant, notamment, les organisations locales déjà déployées au niveau des territoires à dynamiser.
3. Coordonner une approche concertée pour favoriser l’aide aux populations itinérantes et améliorer le sentiment de sécurité.
4. Adopter une stratégie de localisation des édifices publics (emplois et services) et des établissements culturels priorisant fermement les cœurs de villes et villages et favoriser le travail en présentiel au cœur de la fonction publique de façon active et exemplaire.
5. Confier à la Société d'habitation des territoires – ou des municipalités concernées n'étant pas desservies par une Société d'habitation – un budget afin d'augmenter jusqu'à 10 % le nombre de logements sociaux et abordables dans les cœurs de villes et villages. Ces fonds pourraient servir à la construction de bâtiments, la densification des sites, la mise à niveau et la réfection d'immeubles existants.
6. Favoriser l'acquisition par les communautés et les organisations d’intérêt public d'édifices ou de commerces jugés prioritaires et restaurer les bâtiments patrimoniaux qui font la fierté des communautés.
7. Adopter une politique d’achat responsable des acheteurs publics mettant de l’avant l’approvisionnement local et l’économie sociale.
8. Documenter les conséquences de la montée en puissance du commerce en ligne sur l’occupation des divers espaces commerciaux de nos collectivités et freiner la spéculation immobilière, notamment en encadrant le renouvellement des baux commerciaux.
9. Moderniser la fiscalité municipale, notamment dans le contexte du virage du commerce en ligne.
10. Créer un tableau de bord et organiser un forum sur l’état de santé des cœurs de villes et villages.
La coalition propose que cette stratégie soit soutenue par un financement dédié et pluriannuel et fasse partie intégrante de la mise en œuvre de la Politique nationale de l'architecture et de l’aménagement du territoire, dont le plan d’action devra être renouvelé dans la prochaine année.
Ensemble, préservons le cœur de nos communautés et assurons un avenir florissant au Québec tout entier.
Signataires
Élu-es municipaux et co-porte-paroles
Olivier Legault, directeur général de Rues principales et porte-parole de la coalition
Rémi Barbeau, maire de Saint-Jérôme
Loïc Blancquaert, maire de Saint-Lambert
Gabrielle Brisebois, mairesse de Montmagny
Guy Caron, maire de Rimouski
Katherine L’Heureux, mairesse de Verchères
Organisations nationales
Béatrice Alain, directrice générale du Chantier de l’économie sociale
Renée Genest, directrice générale d’Action Patrimoine
Marie-Ève Gratton, administratrice du Groupe en intelligence d’affaire commerciale
Pascal Harvey, PDG du Réseau des SADC + CAE
Isabelle Melançon, directrice générale de l’Institut de développement urbain du Québec
Stéphanie Larocque, directrice générale du Réseau des pôles d’économie sociale
Vincent Lecorne, PDG de l’Association des professionnels en développement économique du Québec
Isabelle Lizée, directrice générale d’Espace Muni
Samuel Pagé-Plouffe, directeur des affaires publiques de Vivre en Ville
Nathalie Prud’homme, présidente de l’Ordre des urbanistes du Québec
Organisations locales
Anie Beaudet, démarcheuse à la Société de développement économique de Montmagny
Pauline Bouchard, directrice général de l’association des gens d’affaires du Vieux-Gatineau
Fanny-Ysa Breton, directrice générale de Commerce Tourisme Granby région
Joanne Brunet, directrice générale de Développement Vaudreuil-Soulanges
Martine Chagnon, directrice générale de Mon Quartier de Lévis
Marie-Josée Choquette, directrice générale de la SDC Monk
Philippe Deschamps, directeur général de Vision Centre-Ville (Gatineau)
Francis Du Berger, président de la Chambre de commerce du Grand Mont-Tremblant
Laurie Dubé, directrice générale d’Espace centre-ville (Rivière-du-Loup)
Julie Favreau, directrice générale de Rue principale Coaticook
Pierre Frisko, directeur général de la SDC Jean-Talon-Est
Tommy Jodoin, directeur du développement industriel et commercial de Saint-Hyacinthe Technopole
Lyza-Maria Labbé, coordonnatrice d’Héritage Centre-ville (Thetford Mines)
Corinne Larose, codirectrice générale, Les avenues d’la 3 (Val-d’Or)
Priscilla Nemey, directrice générale de Promotion Saguenay
Andrée Pelletier, directrice générale de la Coopérative du Quartier Petit Champlain
Nadia Reghai-Gagnon, directrice générale de la SDC Quartier Saint-Sauveur
Marc-André Robertson, codirecteur général d’HocheLab
Patrick Savard, directeur général de Centres-villes de Saguenay
Publiée le 25 mai 2026